« Elle émeut, elle surprend, elle suggère, Valérie Drummond est la sensibilité même.

 

Ses sculptures, des bronzes à la belle patine, sont à la fois subtiles et provocantes .

 

Que cachent elles ? Une fragilité secrète? Une recherche du bonheur au delà des difficultés de la vie ? Il faut pour bien les apprécier les interroger longuement.

 

….Ces meubles sont gracieux et éthérés. C'est qu'ils appartiennent à un monde de rêve.

 

 

Valérie Drummond se dit habitée par le doute. C'est bien là la preuve qu'elle est une véritable artiste. L'acte de création n'est jamais donné. Il se mérite. L' excellence est à ce prix.

 

François Cloutier

Médecin ,Sculpteur

Ancien ministre du Québec



La Fenêtre

 

 

L'autre est une fenêtre sur soi. Il y a des présences et des absences, des présences invisibles, des absences nées du vide.

 

Tous ces visages réunis dans leurs divines humanités, c'est un jaillissement de vie, beauté des rencontres.

 

 

 

 

A la Fonderie

 

Après l'atelier de ciselure, « la promenade » est là, brillante de tous ses feux, dorée et futile.

Bientôt, elle se retrouve sur une plaque, inconfortable entre l'eau et le feu ;

Le pinceau la pique de douceur, l'acide sous le chalumeau lui donne des couleurs .

Peu à peu, les plis de sa robe bougent. Son visage chaud grésille sous le pinceau qui la farde.

 

La main du Patineur la tourne et la retourne, mesure la chaleur, l'asperge d'eau pour la rafraîchir, puis la remet sous la flamme, pour qu'encore et encore de la profondeur jaillisse son âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Bronze

 

Le bronze donne corps

 

et puissance de vie à la Sculpture.

 

La lumière s'y accroche,

 

caresse les plans,

 

et les fait vibrer .


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les Etres de bronze du sculpteur Valérie Drummond sont comme des apparitions. Intemporels, ils ont la beauté surgissante des inespérés ».

 

 

 

 

 

 

 

 

La Parole

 

Ma sculpture est un don aux autres, un don pudique. Prendre le temps, regarder, découvrir peu à peu .C'est un bonheur lorsque la magie opère et que la matière devient la parole que l'on voulait dire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Manon

 

Les rencontres se font présences .

 

 

 

 Textes Valérie Drummond

 

 

 

 

 

 

Envol

 

Prise au vent d’une aile bienveillante,
incarnée, glissant d’un azur à l’autre,
d’un monde à un autre.

 

Passeur, porteur d’un cœur gros,
d’une peine qui cherche asile,
l’envol traverse nos vies.


Il nous apaise comme un tympan d’église.
Echappé de l’archivolte,
frôlant le linteau dans la multitude des âmes en quête,
il est rédempteur et miséricordieux,
coulée de miel, festin de ciel,
abondance de grâce,

pureté de la face.

 

 

 

Le Passant

 

Le passant ne s'arrête jamais.

Tant qu'un esprit veillera,

qu'un songe le croisera en chemin

pour faire un rêve d'un conversation,

tant qu'un enfant prendra la main

de l'homme qu'il est devenu,

qu'une étoile filera dans un ciel d'Aout

qu'une rose s'enchantera de rosée,

tant qu'on lira, racontera, écrira,

tant qu'on vivra jusque dans le besoin ou la gène,

ce passant là, passera toujours,

croisera nos chemins pour enchanter nos vies.


 

 

 

Trois Soeurs

 

Tiges d'iris, parsemées.

Trois sœurs ensemble dans une cerisaie à la fin de l'été.
Chacune porte une histoire,
toutes belles, jamais la même,
un peu secrètes.

Les oiseaux taisent leur chant
quand monte
nt ces chuchotements.

Quelque chose d'avant, de gauche
et de joyeux.
Quelque chose qui a poussé droit
entre caboches et cabochons.

Langue à elles.
Bosquet de fleurs éphémères,
de fruits croqués pour le noyau
qu'on garde entre les dents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Duo

 

L'un et l'autre, tous les deux
séparés par tant de saisons glaciaires
de déserts griffés par huit vents au moins
bruts jusque dans le vide
creusant leur absence,

puis reconnus l'un vers l'autre
au premier des cinq sens
sur un petit banc
de vert et d'or tissé

non juchés mais hissés comme un juste midi
sonnant à l'infini
la louange d'une vie
jusqu'au bout de la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Textes de Denis Drummond

   Ecrivain

 
 

 

 

 

 

 

 

 

Le Baiser

 

Une femme ondule comme une algue. Un amour, délicat et élégant.

Un homme qui passe sa seule tête à la porte d'incarnation.

On souffreà leurs efforts pour mélanger des feux : celui du brasier, celui de la lumière.

La vie prend position .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bateau Ivre

 

Ce bateau sans quille n'éclatera pas. La féminine adolescence n'ira pas à la mer.

 

Les retenues rimbaldiennes gonflent-elles sa robe ? L'ivresse dénude ses seins, les magnifie, les met au désir. Mais les tensions provoquées protègent une pureté craintive, hésitant à courir le risque du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Gardien

 

Mais ce gardien est un enfant ! Il fixe, plus qu 'il ne garde, bienveillant.

 

Est-il gardien des rêves, des espaces imaginaires,et des possibles en gestation ?

 

Pour autant, on ne lui confierait pas le monde, en tout cas pas le nôtre. Et puis, que lui donnerait-on à garder ? C est un gardien qu'il convient de protéger d'avoir à nous garder. Laissons-le où il est, au seuil de son univers,au seuil mental de l'artiste qui lui a donné forme et dans lequel elle se réfugie.

 

Cet enfant est prudent:il porte le visage d'un futur dans sa poche, profonde, un futur vénitien, une réplique masquée du passé. Là est peut-être sa mission/ garder le passée enfoui, veiller à qu'il ne représente pas, qu'il ne représente plus, que la création de l Humanité se prolonge et qu'elle accède à l'humanité. Ce gardien pousse, comme un enfant .Cet enfant croit, comme une expérience.

 

 

 

 

 

 

 

Textes de Patrick Busquet

Journaliste ,Ecrivain